Bruno MachadoAdvocacia

Vérifier un dentiste, un médecin ou une clinique au Brésil avant de partir

Vérifier inscription au CRM/CRO, spécialité (RQE), autorisation de la clinique, accréditation de l'hôpital, procès et plaintes avant un traitement au Brésil.

Bruno Machado

Bruno Machado

Avocat · OAB/SP nº 360.883

Mis à jour le

Cinq vérifications, toutes publiques et sans frais, permettent de savoir si un praticien ou une clinique au Brésil sont en règle : l’inscription active à l’ordre professionnel (CRM pour les médecins, CRO pour les dentistes) ; la spécialité enregistrée (RQE en médecine ; spécialité inscrite au CRO en dentisterie) ; la licence sanitaire et l’inscription de la clinique au CNES ; l’accréditation de l’hôpital en cas de chirurgie ; et l’historique des procès et des plaintes de consommateurs. Aucune ne garantit la qualité — elles garantissent le minimum légal, qui est le point de départ.

1. L’inscription active à l’ordre

Tout médecin en exercice au Brésil est inscrit à un Conseil régional de médecine (CRM), et tout chirurgien-dentiste à un Conseil régional d’odontologie (CRO). La recherche est publique sur les sites du Conseil fédéral de médecine (CFM) et du Conseil fédéral d’odontologie (CFO), par nom ou numéro d’inscription. Vérifiez trois choses : le statut (« actif » ou « régulier »), l’État d’inscription (il doit être celui où le praticien exerce) et les éventuelles sanctions publiques, que certains conseils affichent dans la recherche. Un praticien diplômé à l’étranger doit avoir fait revalider son diplôme et être inscrit à l’ordre brésilien — sans quoi il ne peut pas exercer.

2. La spécialité est-elle enregistrée ?

En médecine, seul le médecin titulaire d’un RQE (registre de qualification de spécialiste), visible dans la recherche publique du CFM, peut annoncer une spécialité. Un « chirurgien plasticien » doit avoir un RQE en chirurgie plastique ; l’appartenance à la Société brésilienne de chirurgie plastique est un indicateur supplémentaire, non obligatoire. L’anesthésie doit être pratiquée par un médecin titulaire d’un RQE en anesthésiologie.

En dentisterie, les spécialités (implantologie, prothèse, orthodontie, parodontie et autres) sont enregistrées au CRO et apparaissent dans la recherche. « Dentiste esthétique » et « cosmétique » ne sont pas des spécialités reconnues. Annoncer une spécialité que l’on n’a pas est une infraction déontologique — ce qui en dit déjà long sur le reste.

3. La clinique

Toute clinique doit détenir une licence de la surveillance sanitaire (municipale ou de l’État) et figurer au CNES, le registre national des établissements de santé, public, qui indique le directeur technique et les services autorisés. Demandez le numéro de licence et vérifiez le CNES. Les actes chirurgicaux doivent avoir lieu dans un hôpital ou une clinique autorisée pour la chirurgie, jamais dans un hôtel, un cabinet non équipé ou un domicile. Les produits et dispositifs (implants, produits de comblement, prothèses) doivent être enregistrés auprès de l’ANVISA.

4. L’hôpital

En cas de chirurgie, demandez dans quel hôpital et vérifiez qu’il figure au CNES et s’il est accrédité (ONA, le label brésilien, ou JCI, l’international). L’accréditation n’est pas obligatoire, mais elle atteste de processus de sécurité audités. Vérifiez que le chirurgien est rattaché à cet hôpital.

5. Procès et plaintes

  • Procès : les tribunaux des États permettent une recherche publique par nom de la clinique ou du praticien. Dans l’État de São Paulo, elle se fait sur le site du Tribunal de justice (e-SAJ). Un ou deux procès en de longues années d’exercice est normal ; une série répétée d’actions pour erreur ou facturation indue ne l’est pas.
  • Plaintes de consommateurs : la plateforme publique consumidor.gov.br affiche les plaintes et le taux de réponse des entreprises inscrites ; le Procon de l’État reçoit aussi les plaintes ; les sites privés d’avis aident à repérer des tendances, sachant que les avis peuvent être manipulés dans les deux sens.
  • Procédures disciplinaires : les sanctions prononcées par les ordres, lorsqu’elles sont publiques, apparaissent dans la recherche des inscrits.

Signaux d’alerte dans la publicité

La déontologie médicale et dentaire brésilienne interdit la promesse de résultat, la garantie de succès, le prix comme appât et la rémunération de l’apport de patients. Méfiez-vous des annonces vantant un « résultat garanti », des « forfaits » avec hôtel et excursions vendus par des agents, de la pression pour conclure vite et des prix très inférieurs au marché. Les photos avant/après obéissent à des règles propres et ne remplacent pas la vérification de l’inscription.

Pourquoi cet article ne recommande pas de cliniques

Un avocat qui recommanderait des cliniques perdrait l’indépendance nécessaire pour défendre ensuite le patient contre elles — et la déontologie des avocats brésiliens interdit ce type de lien. Ce qu’un avocat peut faire, c’est une vérification documentaire objective : inscriptions, spécialité, autorisation, accréditation et antécédents, avec un rapport écrit et sans avis sur la qualité technique, qui relève d’un professionnel de santé.

Cet article n’est pas une évaluation médicale ou dentaire. Le cabinet ne recommande pas, n’évalue pas techniquement et n’entretient aucun lien avec des cliniques, hôpitaux ou professionnels de santé.


Sources : Recherche de médecins, Conseil fédéral de médecine · Conseil fédéral d’odontologie · Registre national des établissements de santé (CNES) · consumidor.gov.br · Consultation des procès, Tribunal de justice de São Paulo (e-SAJ).

Questions fréquentes

Un dentiste brésilien diplômé à l'étranger peut-il exercer au Brésil ?

Seulement avec un diplôme revalidé et une inscription au CRO. La recherche publique indique si l'inscription existe et est active.

Qu'est-ce que le RQE ?

Le registre de qualification de spécialiste, numéro attribué par le Conseil régional de médecine au médecin qui a justifié d'un titre de spécialiste. Sans RQE, un médecin ne peut pas se présenter comme spécialiste.

Puis-je faire ces vérifications sans parler portugais ?

Les recherches publiques sont en portugais, mais ce sont de simples formulaires nom/numéro. Une vérification documentaire peut aussi être confiée à un avocat, avec un rapport dans votre langue.

Une inscription active garantit-elle que le praticien est bon ?

Non. Elle garantit qu'il est habilité à exercer et que la spécialité annoncée est reconnue. La qualité technique relève d'une autre évaluation, par un autre professionnel.

Information de portée générale. Cet article expose le droit brésilien dans ses grandes lignes et ne remplace pas une consultation juridique sur un cas déterminé.

Nous contacter